Mis à jour le Vendredi 3 Mai 2013 à

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Tentative de vol / « Je suis déçue là, on est revenus à zéro ! »

Rédaction en ligne

CHARLEVILLE-MEZIERES (Ardennes). Au moins, vous ne brûlez plus les poubelles ! » s'agace la présidente du tribunal Jennifer Picoury. Dans le box, une jeune femme baisse la tête.
Âgée de 19 ans, elle a tenté de voler un scooter en compagnie d'un mineur, également arrêté, le 29 avril, à Charleville-Mézières. Le lendemain, au terme de sa garde à vue, la voilà jugée en comparution immédiate. La prévenue porte une étrange combinaison intégrale qui, le masque en moins, rappelle celle des décontamineurs. Seul les yeux, le nez et la bouche sont à découvert. Et pour cause : celle que le centre hospitalier de Manchester a estimée « extrêmement contagieuse », est victime de la gale, maladie qu'elle aurait contractée en prison.
Assis derrière elle, les policiers qui l'escortent semblent crispés.
La présidente Picoury, elle, s'énerve de la voir à nouveau dans son tribunal : « Mais dites-moi, ça vous fait du bien de voler ? Non, franchement, je suis très déçue là, on est revenus à zéro ! »
La prévenue bredouille des réponses qui n'expliquent rien : « Je ne sais pas », « ça ne sert à rien, c'est vrai ». Elle dit aussi : « (Si je fais ça), c'est juste pour faire la maligne dans la rue ».
Elle affiche déjà sept condamnations - destruction de biens, appels malveillants à la police, etc. - et, par conséquent, a déjà eu droit à l'amende, au travail d'intérêt général et la prison avec sursis.

« Désespérance »

« On a presque tout essayé, là ! » regrette la présidente. La prévenue souffle de douleur dans le micro.
On comprend également que l'existence de cette voleuse est rongée par la précarité : un revenu de 350 euros par mois, une cohabitation pour le moins compliquée chez ses parents et, selon le mot de son avocate, « une grande désespérance ».
La substitut du procureur écarte la peine plancher et requiert neuf mois de prison - dont trois correspondent à la révocation d'un sursis. De nouveau, un sanglot sort du box : « J'ai peur pour ma mère… Quand j'ai été en prison la dernière fois, elle a fait une dépression et s'est retrouvée à Bélair ».
À l'issue du délibéré, la présidente condamne la jeune femme à cinq mois de prison et décerne un mandat de dépôt. Dans la salle des pas perdus, un employé du tribunal, guère rassuré, répète : « Et vous n'oublierez pas de désinfecter le box, hein ! »

Mathieu LIVOREIL

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