Mis à jour le Vendredi 25 Avril 2014 à

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Licenciés sans l'être encore d'après leur patron

Rédaction en ligne

Le magasin Leader Centre auto (LCA) de Châlons-en-Champagne (l’union d’hier) « a fermé avec l’autorisation de l’administrateur judiciaire », assure Jean-Yves Brillet, PDG de la société Recam Sonofadex, installée depuis 1975 à Nouan-le-Fuzelier (Loir-et-Cher).

Une information que nous n’avons pu vérifier, Julien Zetlaoui – le collaborateur de Frank Michel, en charge du dossier à l’étude de Tours – n’étant pas joignable, sa présence étant requise au comité d’entreprise qui s’est tenu, hier, au siège (à l’heure où nous écrivons ces lignes, il n’avait pas non plus répondu à notre mail).

Comment justifier la méthode, pour le moins cavalière, employée pour fermer le site ? « On ne veut pas que de la marchandise disparaisse », commente le PDG. Et l’annonce brutale du licenciement économique ? « Ils ne le sont pas tant que la liste n’a pas été présentée au CE. » Les trois salariés châlonnais sont persuadés d’y figurer, les derniers stocks du LCA, implanté ZAC du Mont Héry, devant être enlevés ce jeudi.

Le président confie qu’il ne restera que « 35 points de vente sur les 156 qui existaient voici trois ans ». Les raisons de cette dégringolade ? « La conjoncture est mauvaise. Internet évolue dans le mauvais sens pour nous mais, surtout, les véhicules sont de plus en plus fiables. À part les pneus, les batteries et éventuellement le freinage, les articles à vendre diminuent. »

Sombre avenir

Quant à se projeter dans l’avenir… L’homme, âgé de 73 ans, conclut : « Nous diminuons la voilure aux centres les plus sérieux et, après, on verra. » Le choix aurait été arrêté en fonction du chiffre d’affaires. Celui de LCA Châlons serait tombé à « 4 000 € par mois ».

Oui, mais il était de 65 000 € à 70 000 € voici trois ans, avant le tarissement progressif des approvisionnements : « Quand vous faites tourner un moteur sans huile, il casse. Un magasin sans marchandises, c’est pareil », image, un rien désabusé, le personnel du site. De fidèles clients venaient même avec leur huile pour lui faire effectuer une vidange… Sans parler de l’absence de valise et autres équipements requis par l’électronique embarquée. « Il y a eu un manque d’investissement. Nous avons trente ans de retard au niveau équipement. »

Le groupe s’est-il laissé dépasser par l’évolution technologique ? A-t-il grandi trop vite sans disposer d’assez de trésorerie pour approvisionner ses points de vente ? Ou le PDG cherche-t-il à tourner la page ? Toujours est-il que la période d’observation de six mois, accordée par le tribunal de commerce de Blois, lors de la mise en redressement judiciaire de la société, le 14 mars, a été sacrément écourtée…

Voici ce que rapportaient nos confrères de la Nouvelle République : « Cette décision marque un nouveau tournant dans la vie du groupe. Depuis 2010, la société, qui s’était notamment spécialisée dans le rechapage (il y a eu également les batteries, les moteurs, les échappements…), connaît des difficultés. Trente et un magasins avaient déjà changé de main en 2012, la vente du reste du réseau au même acquéreur a finalement été annulée. »

134 licenciements collectifs

Le 17 avril, Recam Sonofadex comptait encore 70 magasins à l’enseigne LCA ou FAP, d’après l’unité territoriale de Loir-et-Cher de la Direccte (direction du Travail et de l’Emploi). Ils auraient donc été 35 à avoir été fermés manu militari.

L’absence totale de communication entre la direction et le personnel rend encore plus angoissant le projet de 134 licenciements collectifs (sur 278 salariés), acté dans le plan de sauvegarde de l’emploi « unilatéral » examiné et accepté le même jour par le syndicat maison.

Nancy Gouin

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