Mis à jour le Lundi 12 Mai 2014 à

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La télémédecine pour faciliter l'accès aux soins des polyhandicapés à Reims

Rédaction en ligne

REIMS (51). D’ici la fin de l’année, la Maison d’accueil spécialisée Odile-Madelin de Cernay sera reliée au CHU pour soigner ses résidents par télémédecine.


L’infirmière et le médecin généraliste de la Maison d’accueil spécialisée travailleront en lien direct avec les équipes du CHU.

Remi Wafflart

L’infirmière et le médecin généraliste de la Maison d’accueil spécialisée travailleront en lien direct avec les équipes du CHU.

Si se rendre à l’hôpital n’est déjà pas une partie de plaisir pour le tout un chacun, la démarche, peut, pour les personnes polyhandicapées, se transformer en véritable traumatisme. La Maison d’accueil spécialisée (Mas) Odile-Madelin, de l’association Les Papillons Blancs, fait souvent ce constat. Alors, lorsque l’Agence régionale de santé (ARS) a lancé un appel à projets concernant la télémédecine, la structure de Cernay-lès-Reims, qui accueille 67 adultes lourdement handicapés, s’est tout de suite portée volontaire… Et a été choisie, avec la Mas Le Village à La Chapelle Saint-Luc (Aube), pour tenter l’expérience dans la région. Elle a, dans ce dessein, pu compter sur le soutien du professeur Jean Caron, ancien médecin du CHU et adhérent de l’Union nationale des associations de parents d’enfants inadaptés, attaché à cette question, décortiquée dans le rapport Jacob, de l’accès aux soins des personnes polyhandicapées.

Dossier médical personnalisé

« La télémédecine va permettre d’éviter les déplacements inutiles, le traumatisme », insiste Sandrine Gauthier, directrice de la Mas Odile-Madelin, qui compte 80 salariés. Selon elle, la qualité de la prise en charge médicale des résidents se verra améliorée, grâce à la possibilité de bénéficier d’une approche pluridisciplinaire. « Car une situation complexe peut parfois impliquer plusieurs spécialistes », précise-t-elle. Mais il s’agit aussi de se préoccuper du confort des résidents, qui n’auront qu’à parcourir quelques mètres, à l’intérieur même de leur lieu de vie, pour « rencontrer » à distance, grâce aux nouvelles technologies, les spécialistes du centre hospitalier universitaire rémois, d’abord dans les domaines de la neurologie et de la nutrition, puis, à terme, également en gastro-entérologie, pneumologie, ORL, urologie… « Ce système permet aussi de préparer l’hospitalisation, de mieux l’organiser et d’en réduire la durée, indique encore Mme Gauthier. On diminue aussi le temps de travail des actions passives des professionnels (transport, attente…), et donc les risques de difficultés comportementales ; on évite un transport fatigant et anxiogène. »

Plusieurs « actes » seront possibles sur place. La téléconsultation d’abord, qui permettra une intervention sur le lieu de vie du résident, en présence de son équipe soignante médicale et paramédicale habituelle ; la télé-expertise ensuite, pour l’aide à l’élaboration d’un protocole de prise en charge, à l’interprétation de l’imagerie médicale aussi ; enfin, la télé-régulation, pour préparer l’arrivée du patient à l’hôpital dans le cadre d’une urgence médicale ou chirurgicale.

« Cette pratique médicale à distance nécessite la mise en place d’un dossier médical personnalisé pour chaque résident, une procédure finalisée en ce moment », complète Jean-François Tritarelli, directeur général des Papillons Blancs. Toutes les données seront stockées chez un hébergeur agréé par le ministère de la Santé et donc sécurisées. En un clic, les habitudes d’un résident, la façon de le nourrir, ses dépendances (...) seront transmises aux équipes médicales du CHU.

Un clic qui, espère la directrice, sera possible avant la fin de l’année. « Dans l’attente que la fibre soit installée à Cernay par Reims Métropole, nous envisageons un abonnement satellite pour mener à bien ce projet de télémédecine. » Un surcoût pour l’association, qui pourra compter sur le soutien de l’ARS pour supporter en partie les frais d’installation de la télémédecine (matériel vidéo, informatique…) estimés à 4 000 euros.

Marion Dardard

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