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« La collectivité » va peut-être être amenée à « prendre en charge » la lutte contre une faillite du système bancaire, a averti Dominique Strauss-Kahn, directeur du Fonds monétaire international.
SI l'option d'un sauvetage des banques sur les deniers publics peut s'avérer extrêmement coûteuse, elle pourrait permettre d'éviter des conséquences économiques graves et durables. « La collectivité » va peut-être être amenée à « prendre en charge » la lutte contre une faillite du système bancaire, a averti Dominique Strauss-Kahn, directeur du Fonds monétaire international.
« Il faut donner le signal que les autorités sont prêtes à faire ce qui est nécessaire » pour éviter un effondrement du système financier planétaire, a renchéri Angel Gurria, secrétaire général de l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE).
Pour l'économiste Michel Aglietta, une telle option risque de « devenir nécessaire » : on en est à la « phase pénultième avant une socialisation complète des pertes des banques ».
En Allemagne, la banque IKB a déjà reçu trois fois l'aide massive de l'Etat, et le patron de Deutsche Bank Josef Ackermann a demandé une action commune de l'Etat, des banques et Banques centrales pour venir à la rescousse des établissements financiers.
La Grande-Bretagne a nationalisé la banque Northern Rock pour lui éviter la faillite mais l'addition pour les contribuables pourrait s'élever à 55 milliards de livres (plus de 70 milliards d'euros).
Au début des années 90, le gouvernement suédois avait secouru le système bancaire en offrant sa garantie à la dette des banques commerciales, la banque centrale donnant un accès illimité au crédit.
En France, le sauvetage du Crédit Lyonnais, qui a coûté des centaines
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Recourir à l'argent public pour empêcher la faillite de banques dont les gestionnaires ont pris des risques inconsidérés présente le danger d'encourager la poursuite de telles pratiques.
Mais le « coût social d'une faillite bancaire qui en entraîne d'autres serait bien plus important », selon M. Aglietta.
Un avis partagé par Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des économistes, pour qui les acteurs de la finance (ministres, banquiers centraux, régulateurs) doivent offrir un « soutien massif (aux) acteurs les plus en danger ».
Cela pourrait aller « jusqu'à la nationalisation » de banques ou de réhausseurs de crédit, qui ont assuré des titres adossés sur de mauvaises créances.
M. Lorenzi propose la création de fonds publics destinés à « reprendre dans leur bilan les titres les plus problématiques détenus par les établissements financiers, et dont les pertes finales seraient garanties par les Etats ».
Aux Etats-Unis, on peut envisager aussi une modification législative pour « éviter le problème des saisies et ventes forcées » de logements, qui accentuent le retournement du marché immobilier et les pertes des banques, souligne M. Aglietta.
D'après lui, le sauvetage d'une grande banque paneuropéenne serait plus difficile à gérer qu'aux Etats-Unis, « car il existe des autorités de supervision dans chaque pays dont les positions divergent ».
« S'il faut mettre à contribution des budgets nationaux, il va y avoir des batailles pour définir les pays qui doivent payer : ceux où se trouvent les filiales ou seulement la maison mère ? », argumente-t-il.


Article paru le : 24 mars 2008
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