Mis à jour le Mercredi 23 Octobre 2013 à

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Pôle de formation industrielle. «Une réalisation exemplaire»

Julien Bouillé

REIMS (51). Inauguré à Reims vendredi, le nouvel outil de l’UIMM doit attirer de nouvelles vocations dans une industrie qui recrute malgré tout.


F. Saint-Geours 
: «
Les métiers de l’industrie sont des métiers d’avenir
».

F. Saint-Geours : « Les métiers de l’industrie sont des métiers d’avenir ».

Frédéric Saint-Geours, président de l’UIMM (union des industries et des métiers de la métallurgie) explique l’intérêt du Pôle formation des industries technologiques de Champagne-Ardenne*, inauguré à Reims vendredi. 

Que représente pour vous, l’ouverture de ce nouvel établissement  ?

C’est une réalisation tout à fait exemplaire d’abord vis-à-vis de l’industrie. Nous avons besoin d’installations aussi emblématiques pour continuer à convaincre de plus en plus de personnes de rejoindre nos secteurs d’activité. Nous avons besoin de recruter entre 80 000 et 100 000 personnes tous les ans en France parce que des personnes doivent partir en retraite mais aussi parce que les métiers et les technologies changent.

Le deuxième caractère exemplaire, c’est que nous arrivons à régionaliser l’offre de formation de façon extrêmement efficace. Ce pôle est la dernière pierre mise sur un dispositif régional Champagne-Ardenne. Il va permettre d’offrir des pôles d’excellence avec les métiers de l’usinage dans les Ardennes et de la chaudronnerie dans la Marne.

Ce pôle est exemplaire aussi en termes de pédagogie. Une forte individualisation de la formation est mise en œuvre de façon à ce qu’elle soit au plus près des besoins des entreprises. Cela se traduit par le fait, qu’en général, 80 % des apprentis trouvent un CDI dans les six mois qui suivent leur formation

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Ceci va à l’encontre de l’idée que l’on se fait de l’emploi dans l’industrie…

Les métiers de l’industrie sont des métiers d’avenir. Dans ce pôle, il y a des parcours professionnels, qui sont présentés et pour lesquels on forme, qui sont tout à fait intéressants pour les jeunes car ils ouvrent sur l’international, des maîtrises technologiques importantes, des vraies carrières.

L’industrie est-elle vraiment d’avenir en France à l’heure où beaucoup se plaignent d’une perte de compétitivité  ?

Le fait qu’il y ait des difficultés économiques n’empêche pas qu’il y ait un besoin de renouvellement des compétences dans nos métiers. Il ne faut pas s’étonner qu’il y ait des restructurations dans l’industrie. Il y a en toujours eu et il y en aura toujours parce que c’est au sein de l’industrie que les progrès de productivité se forment pour se diffuser ensuite dans l’ensemble des autres secteurs. Et quand il y a des progrès de productivité, il y a des choses qui ferment, des choses qui ouvrent.

Ensuite, au niveau macroéconomique, nous sommes dans une situation dangereuse. Les marges des entreprises industrielles sont au plus bas en Europe et depuis 1950. Les entreprises industrielles ont des difficultés à investir, donc pas d’investissement, perte de compétitivité, et pas de compétitivité, c’est la difficulté à croître et à créer des emplois.

C‘est pourquoi au sein de l’UIMM nous travaillons avec le gouvernement pour continuer à améliorer les marges des entreprises pour aller au-delà de ce qui a été fait avec le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi.

* Il est financé par l’UIMM avec la région Champagne-Ardenne, le conseil général de la Marne, la ville de Reims et l’Europe.

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