Mis à jour le Jeudi 31 Juillet 2014 à

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Des bulles bio dans les coupes

LAURÈNE POIREL

REIMS (51). En 2012, la zone d’appellation Champagne réunissait 107 domaines de viticulture biologique. Le secteur est en expansion dans le vignoble. Rencontre avec des convaincus.

La conversion dans la production de champagne issu de l’agriculture biologique dure l’espace de trois à quatre ans. La motivation des viticulteurs, au-delà de l’effet de mode, reste le respect de l’environnement. «  C’est une philosophie qui protège et développe la vie. Il s’agit de travailler en harmonie avec la nature et non pas contre elle  », s’enthousiasme David Léclapart, viticulteur en agriculture biologique à Trépail. Francis Boulard, viticulteur basé à Cauroy-lès-Hermonville, précise d’emblée : «  Il y avait une demande à satisfaire  ».

Il existe différentes manières d’aborder le bio en Champagne, où le climat septentrional complique les choses. David Léclapart et Francis Boulard, eux, ont choisi la biodynamie qui consiste en l’application de produits spécifiques à certains moments de l’année. L’utilisation de substances comme la bouillie bordelaise (à base de cuivre), le soufre, le purin d’ortie ou encore la silice permet d’éviter les produits chimiques de synthèse. Le travail du sol au cheval de trait est également l’une des solutions envisagées par ces viticulteurs pour obtenir une terre qui respire et absorbe l’eau nécessaire à la plante.

Coût du travail élevé

Cependant, la culture de raisins bio n’est pas sans risque. C’est un travail plus lent et qui nécessite d’être plus attentif aux maladies. «  Il y a une méthode, un procédé à adopter, ce n’est pas impossible  », insiste M. Lelarge, actuellement en conversion. Le coût du travail est également plus élevé et le prix de la bouteille s’en ressent, mais «  les amateurs de vins veulent bien payer le prix fort pour une qualité optimale  », selon M. Boulard.

Pour Laurent Fédou, chef de cave de la maison Canard-Duchêne, le bio n’est «  pas meilleur, mais différent  ». C’est aussi, selon lui, «  une image bio  » qui est achetée et les clients sont en général «  très curieux de goûter le produit  ». Le champagne d’agriculture biologique s’adresse à la fois à une clientèle qui recherche l’absence de produit de synthèse, la protection de l’environnement et l’«  excellence  ».

Le fait de cultiver une vigne certifiée agriculture biologique permettrait, selon les professionnels, d’exprimer «  toute la complexité du terroir  ». Des contrôles sont souvent effectués, par des organismes comme Ecocert, pour vérifier que les vignes n’ont pas subi de pollution. En cas de non-respect du cahier des charges, la vigne risque alors le déclassement si la pollution est forte.

Ainsi, la culture biologique, avec toutes les contraintes qu’elle impose, reste difficile d’accès, mais cela ne décourage pas certains viticulteurs d’aller vers un plus grand respect de l’environnement, sans pour autant que la bouteille soit porteuse du logo vert.

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